Kilian Classik 2012

9 juillet, 2012

Quel week end!

Nous avons décidé avec Victor mon coloc de s’inscrire à la Kilian Classik un peu après l’Eco Trail 50, on en voulait plus!
Le seul problème c’est que je faisais mon stage UCPA alpinisme en plein milieu du mois de Juin donc je n’ai pas eu le temps de beaucoup courir depuis 1 mois même si niveau résistance l’entrainement et l’ascension du Mont Blanc m’ont fait du bien…

Nous quittons donc Cergy vendredi à 6h du mat’ pour attraper un TGV vers 7h. Changement à Perpignan puis une troisième et dernière fois pour le train jaune qui traverse cette partie des Pyrénées et qui est aussi une attraction touristique de part les endroits et paysages qu’il traverse.

A 15h30 nous sommes à Font Romeu, le voyage est bien passé malgré sa longueur, pouvoir regarder des films avec l’ordi aide bien!
Sur le quai de la gare nous rencontrons Kevin, breton-marseillais (et je lui souhaite bientôt dom-tomien), il va aussi poser sa tente au camping et participe au WE en courant sur le 25km notamment!

Pour y avoir déjà été je savais que Font Romeu était une ville «pentue» avec Odeillo en contrebas, mais je ne pensais pas que la gare était si loin du centre, nous avons mis pas loin d’une heure à remonter jusqu’au centre, et j’avais pris ma nouvelle valise à roulette pour la tester en vue de notre voyage aux US en Septembre, donc pas vraiment pratique…
Une fois sur place nous découvrons le village Salomon, des banderoles partout, des tentes pour vendre leur matos…Nous retirons notre dossard, premier contact avec des bénévoles souriants, et un beau teeshirt technique Kilian Classik en cadeau.

Nous nous rendons ensuite au camping Huttopia, le seul de Font Romeu, et là, surprise, la Team Salomon Internationale y a élu domicile!
A peine arrivé on tombe sur Anna Frost, LA star féminine du trail en ce moment…

Pendant 3 jours nous allons côtoyer les champions de toute nationalité de la team, génial!
On se trouve un emplacement pas loin, installons nos tentes et préparons notre sac pour le lendemain avant de retourner dans la salle commune voir les ultraterrestres et les jolies athlètes…
Je commande un plat de pâtes et une belle entrecôte, demain on va en avoir besoin…

Samedi réveil à 7h, petit déj gatosport isostar que j’ai fait cuire trop longtemps et quelques madeleines avec de l’eau. On se prépare tranquillement, le temps de mettre les lentilles, revérifier le sac, remplir les gourdes et on se rend sur la ligne de départ vers 8h15 voir ce qu’il se passe. Ça court dans tous les sens, les 2 épreuves, 25 et 45km partent en même temps donc il y a du monde (pas loin de 800 concurrents). On s’échauffe en remontant la route et en passant devant le grand hôtel, une petite boucle histoire de chauffer les jambes, ensuite il faut passer à la vérif des sacs (matériel obligatoire : téléphone, couverture de survie, sifflet, vivres de course, eau) puis se faire bipper la puce fournie avec le dossard, ce n’est pas automatique comme souvent, des bénévoles avec un récepteur doivent nous bipper à chaque checkpoint.

Le départ est donné à 9h sous un grand soleil!

Nous montons au dessus de Font-Romeu et rapidement on engage sur les sentiers, et là obligatoirement ça bouchonne, et même sévère, tout le monde force le passage dans tous les sens, je fais pareil pour ne pas trop piétiner et lâche mes deux potes, au final ces quelques minutes de bouchons pèseront lourd sur la fin même si c’est loin d’être tout, mais j’y reviendrai…

Ensuite ça se disperse, le chemin alterne petites montées, replats et faux plats, de toute façon ça grimpe toujours pas mal…
Nous arrivons assez rapidement au 1er ravito, je suis parti assez vite et le cœur bat rapidement mais ça va, je n’ai pas pris ma ceinture cardiaque, déjà parce qu’elle déconne et ensuite pour faire ma course au feeling…
Orange, pomme, eau et haribo et c’est parti pour la 1ère difficulté du jour, une belle grimpette où tous le monde se suit en marchant au plus vite.


En haut une caméra «livepark» nous filme grâce à une puce que nous avons fixé à notre chaussure, normalement le truc doit envoyer ça sur facebook donc j’avais dit aux gens de suivre mais ça n’a été partagé que dans la nuit de samedi à dimanche, bon c’est gratuit on ne va pas se plaindre mais je préfère les systèmes où à chaque checkpoint ça balance en direct ton avancement/classement sur les réseaux sociaux, c’est vraiment super!
Voici une image extraite de la vidéo :

Un photographe nous prend aussi à cet endroit :

Arrivé en haut on attaque rapidement une belle descente sur un large chemin avec un peu de cailloux, j’adore, je fonce et double pas mal de concurrents mais en bas premier léger coup de moins bien et j’ai du mal à relancer sur le faux plat, assez long et montant bien sûr qui mène au Lac des Bouillouses, d’ailleurs Kevin me rattrape et je le laisse partir, lui est presque à la moitié de sa course, j’ai pas envie de me griller alors que je suis surement parti un peu vite comme le débutant que je suis…

Je passe au checkpoint du Lac des Bouillouses, à cet endroit se séparent les deux épreuves, nous continuons à nous éloigner de notre point de départ et longeons le Lac sur un petit sentier pas large, avec des cailloux et des racines, j’aime!


Crédit photo : Miranda kvist

Après ça commence à monter progressivement avant d’attaquer bien fort, nous sommes dans la grosse difficulté du parcours, une longue ascension de 6/700+ sur 5km, je marche au plus vite mais le coeur bat fort, je profite de petites pauses pour admirer le paysage absolument magnifique…


Crédit photo : Miranda kvist

Le profil de la course pour se rendre compte :

Je me retourne mais ne vois pas Victor, j’espère qu’il va bien, je continue à monter, c’est dur, je pense à m‘économiser car il reste plus de 20km avant la fin, j’ai hâte d’être en haut!
Puis une femme très brune me double pendant une pause photo, je reconnais la mère de Kilian, Núria Burgada, elle avance à très bon rythme, les mains croisées dans le dos, je la suis un bon moment avant de la laisser partir…

Un bénévole nous annonce le ravito, que je pense au sommet mais qui est en fait un peu plus bas, à 2km, autant dire 1000km 😀
En me retournant je finis par distinguer Victor! Je décide de m’asseoir pour souffler le temps qu’il arrive et pour manger une barre…
Je suis bien content de le retrouver, c’est plus facile à deux! «Friend can turn a hard run into a fun run»!

On finit par rejoindre le ravito à 2500m, plusieurs bénévoles sont là avec des caisses, je me demande comment ils montent ça parce que sur le dos c’est pas top, en tout cas il y a du coca, du jambon, du fromage ça fait du bien! On remplit nos gourdes directement dans le lac, à cette altitude pas de risque ça vient directement de la fonte des neiges!

Concernant l’hydratation je suis parti avec mon camelback 2L quasi plein, eau + pastilles d’isostar, celles qui me restaient du Mont Blanc, et une gourde à main D4 à 2€ pour l’eau claire, je me suis rappelé l’Eco Trail…
Ceci dit j’ai une nouvelle fois souffert un peu au niveau digestif, quelques nausées, du mal à manger, un rapide dégout du sucré et cette impression que le sang est bien occupé à circuler dans les jambes et pas dans l’estomac!
Mais bon c’est resté supportable, c’est passé par la suite et je savourais le salé sur les ravitos! Grosse envie de fruits tout au long du WE aussi, des pêches mais surtout beaucoup de pommes, pour avoir du solide mais facile à manger…


Crédit photo : Miranda kvist


Crédit photo : Donald Schuster

Après environ 5min d’arrêt on attaque la dernière partie de l’ascension jusqu’à 2600m, le long du lac, sur un pierrier (ci dessus), un bénévole nous a dit que le checkpoint était juste derrière, la barrière horaire étant à 13h15, on a presque une heure pour y parvenir alors qu’il nous en faudra moins de 15minutes, sauf que là premier couac, pas de checkpoint!

La vue fantastique depuis le plus haut point de la course :

Petite descente très technique après le sommet :


Crédit photo : Miranda kvist

On continue, ça redescend dans la vallée, l’heure tourne, et finalement on distingue au loin le bippage, c’est tendu et on doit taper dedans, nous y passons à 13h11!


Crédit photo : Miranda kvist

Pas mal de participants derrière nous sont déviés du parcours pour moins long, et info foireuse numéro une le gars nous dit qu’il n’y a pas d’autres barrière horaire, je suis persuadé d’avoir lu que si, mais ce n’était pas très clair sur le site, pas indiqué dans le règlement, juste une news sur la page d’accueil…
Bon ça a le mérite de me détendre après cette première course contre la montre…

Nous continuons sans perdre de temps dans la vallée avant d’arriver à une nouvelle difficulté, un mur! Une pente entre 40 et 50%, sur environ 300m de dénivelé qui s’avère d’après ce que j’ai entendu être une partie d’un kilomètre vertical!
Mentalement il faut s’accrocher, les jambes ça va mais le cœur explose, Victor est bien et part devant, je m’accroche au mieux, et profite d’une pause «souffle» pour prendre quelques photos…

Il m’attend en haut dans la fenêtre qui permet de passer dans l’autre vallée, deux femmes bénévoles sont là et me donne un peu d’eau, très sympa, par contre elle discute au talkie et apparemment il est déjà question de retirer le balisage, ils ne perdent pas de temps!

On redescend un peu, cette partie et une longue succession de lacs tous plus beaux les uns que les autres, nous croisons un nouveau checkpoint bippage, personne ne dit rien on continue…
Au bout d’un moment nous croisons deux bénévoles qui nous disent de ne pas trainer pour attraper la dernière barrière horaire, il y en a donc une et elle serait donc située au 35ème km, à passer avant 15H30, ça semble faisable et on avance au mieux, le terrain étant moins agressif sur cette partie.


Crédit photo : Miranda kvist

A 15h15 environ nous arrivons au 35ème, rien, chemins à perte de vue…
Stress! On passe la seconde et on s’arrache, on a fait 3 bornes avant de tomber dessus à 15h40, au 38ème donc, plusieurs gars râlent sur les types de l’orga, ils ne bippent plus nos puces, nous sommes hors délai.
Ils nous demandent de redescendre pour aller prendre un télésiège et éviter une dernière montée «pour ne pas qu’on se balade dans la montagne sans qu’ils sachent où nous sommes», mais on peut quand même finir la course…
Un télésiège sur un trail, ça jase, je ne pense pas que ce soit ça sa vision du trail à Kilian!

Bref pas le choix on y va, on passe une bonne demi-heure sur le télésiège très lent et qui s’arrête à plusieurs reprises, il nous dépose à un col hors du tracé, en haut personne, pas de balisage, heureusement un mec du coin nous montre le chemin et on suit une piste de ski pour se diriger sur Font-Romeu, un peu plus loin on croise un mec de l’organisation sur un quad, il nous dit que l’on aurait du prendre le télésiège qui descendait direct sur Font-Romeu, ce que certains ont fait…
Je lui dis qu’on nous a donné la possibilité de faire la descente en courant quand on nous a stoppé, il me répond que ses collègues ont raconté n’importe quoi…
 
Du coup avec le télésiège on est bien, déjà qu’on aurait largement pu suivre le chemin normal, on rattrape le tracé officiel et un nouveau checkpoint où on se fait bipper, et après 5km de descente on passe la ligne d’arrivée, après 46,43km à la montre et presque 2000m de dénivelé positif (pour 1698 annoncés!), donc dans les 45km en retirant le télésiège, officiellement c’était 44,84, on les a bien fait 🙂

Je demande comment ils gèrent le classement avec tout ça, apparemment nous ne sommes pas considérés comme finisher, mais dans un classement intermédiaire de 40km, distance qui sort de je ne sais où…
Il est dans les 17h, donc relativement tôt, les derniers arrivants étaient donnés pour 18h/18h30, on aurait largement fini dans ces horaires en suivant le tracé normal, plus de souplesse aurait été appréciable, surtout vu le positionnement du ravito du 35ème…
J’espère que ça s’arrangera pour les prochaines éditions!

Voici la trace GPS de notre course :


 
Kilian finit avec Greg Vollet et Tom Owens main dans la main en 4h17, et la 1ère femme, Emelie Forsberg en 5h et quelques, incroyable…

Nous restons sur le positif pour une première expérience de course en montagne, on a pas choisi la plus facile, c’était vraiment dur et technique mais on s’est bien donné et c’était magnifique, des paysages à couper le souffle…

Après l’arrivée nous allons manger notre repas, maïs, une demi patate et de l’agneau, je meurs de faim!
Victor se fait masser moi je préfère aller à la douche direct, nous retrouvons Kevin qui s’est éclaté sur le 25km.
Avant de retourner au camping nous passons récupérer nos dossards pour le 10km qui se court le lendemain matin, comme il était indiqué «10km découverte» nous pensions que c’était un décrassage mais en fait non c’est une course à part entière!

La douche fait un bien fou, mais on est cramé sur les bras et les genoux, j’ai mis de la crème sur le visage mais zappé le reste par manque de temps, ça n’a pas raté, je me suis fais avoir comme d’hab…
Nous allons ensuite dans la salle commune recharger nos appareils, voir les visages tout frais des pros, il y a Adam Chase, Adam Campbell, la légende Jonathan Wyatt, Zhanna Vokueva, Emelie Forsberg, mais ils partent manger dans le resto du Casino.

Nous commandons une pizza qui est vite engloutie puis on se dirige à notre tour vers le centre pour la remise des prix.
Il y a pas mal de monde, un petit buffet, et la cérémonie est sympa, on en profite pour faire quelques photos…

La remise des prix pour le 45km homme :

Le podium féminin sur le 45km : Emilie Forsberg, Silvia Serafini, Laureline Gaussens, Zhanna Vokueva, Claire Price.

Avec Anna, certainement la femme la plus rapide du monde sur le long en montagne!

Emelie Forsberg et Zhanna Vokueva

Après nous rentrons nous coucher vers 23h30, demain réveil 8h pour ranger les affaires et être au départ à 10h!

Dimanche matin c’est un peu dur au réveil, musculairement ça va, pas de douleurs aux jambes, cheville gauche un peu sensible, elle a tourné sur une réception hier mais rien de méchant…
Nous prenons notre petit déj’ au camping entre Kilian qui check l’ordi et Tom Owens, comme on ne sait pas trop vers quelle heure on va revenir on fait nos valises, pour être prêt à partir il n’y aura plus que la tente à démonter…

Nous arrivons juste au départ et on part derrière Anna qui court ce dimanche avec son amie Zhanna, mais très cool, ça tombe bien nous aussi, on va d’ailleurs marcher 70% du temps sur ce 10km/400+, en mode récup, sauf que Victor réussi à se viander royalement sur un passage à vache et s’éclate le tibia, du coup là on commence à vraiment prendre notre temps et nous terminons en 1h45 😀
A l’arrivée je tape le ravitaillement, le 1er a mis 40min et des poussières, ça a couru vite, Kilian y a été tranquille en un peu plus d’une heure.
Nous assistons aux arrivées des courses enfants et ensuite on fait quelques photos et j’arrive à avoir la Kilian family avec Nuria sa maman et sa sœur Naila.

Un peu plus loin je croise Julier Chorier, au palmarès impressionnant, Diagonale des fous, Hardrock, Ultra trail du Mont Fuji, rien ne lui résiste!

Nous prenons le pique nique que nous avions réservé mais nous n’entendons pas l’appel pour monter en télésiège sur le col en face pour faire la downhill session, pas grave ça dure 10min, ils font une descente en 2 temps, un mal pour un bien avec la cheville qui tire…
En tout cas il y en a un qui tire tout droit à fond la caisse, impressionnant, et c’est marrant de voir des dizaines de personnes descendre une pente à fond tous ensemble, très « graphique » vu d’en bas!

Les animations terminées nous sautons dans une navette avec Kevin qui doit partir plus tôt que nous pour attraper son train, le chauffeur nous dépose directement au camping, royal!
On remballe la tente et on s’installe dans la salle commune du camping où les derniers membres de la team commencent à partir, je commence à trier les photos et Victor qui regarde l’étape du Tour fait la connaissance d’un cycliste handisport qui a la jambe gauche « morte » en dessous du genou et qui va faire les JO de Londres, il s’entraine l’hiver avec la FDJ et a déjà remporté de nombreux trophées, c’est intéressant de savoir comment ça se passe pour lui, et quel courage pour remonter la pente, son handicap étant arrivé après une chute en motocross qui l’a envoyé un an à l’hôpital et un an en rééducation…

Notre train jaune est à 18h23 donc on se met en route une heure avant, il nous faut redescendre tout Font Romeu jusqu’à la Gare sous le soleil, on crame bronze une dernière fois avant le retour au printemps éternel de l’Ile de France…

La jonction avec le train couchette se passe bien, on rentre avec d’autres coureurs dans notre cabine, le plus dur étant le RER bondé le lendemain matin au réveil…

Prochain objectif l’Ubaye Trail Salomon dans un mois, à peu près le même profil de course, on essayera de faire mieux, puis la SaintéLyon, qui devrait être bien plus roulante, le Semi de Boulogne et peut-être un trail local avant ça, en espérant que notre road trip d’un mois aux US ne soit pas trop destructeur niveau entrainement, on essayera de courir mais je ne me fais pas trop d’illusions, les journées vont être longues, et tant mieux!
En attendant on va se faire un petit cycle de vitesse, courir plus vite, plus longtemps, mieux relancer, on a pas fini de s’entrainer!

A suivre le récit du stage UCPA Sommet du Mont Blanc qui se construit petit à petit 🙂