TMB 2015 jours 3-4

14 septembre, 2015

Suite de notre Tour du Mont Blanc après les 2 premiers jours au départ des Houches, nous nous réveillons en Italie à Courmayeur.

L’hôtel a accepté d’avancer le petit déj’ d’une heure pour qu’on parte pas trop tard et on déboule devant un buffet de rêve avec pain frais et viennoiseries en tout genre sortant tout juste du four, des tartes, des oeufs, du bacon, des céréales…

Bref on se pète le bide mais au bout de 15min on se rend compte que nous ne sommes que 8 à table, il manque une chambrée!
Le problème c’est qu’on ne connait pas leur numéro de chambre, on sait juste qu’ils sont au 2ème…
Je vais donc frapper à toutes les portes avant de tomber sur la bonne (heureusement l’hôtel est quasi vide 😅).

On repart dans les rues de Courmayeur et on tombe sur l’arche de départ du Tor des Géants qui part dans 2 jours, en plein milieu de la rue centrale, on fait arrêter les voitures et je fais une magnifique photo de groupe sous l’arche! 😀

La journée qui s’annonce longue commence par les 1300+ de la montée à Bertone puis Testa Bernarda, Thomas, fort de ses recos de la CCC nous guide parfaitement sur cette partie qu’on fait en plein brouillard, Tanguy nous colle une mine de derrière les fagots dans la montée et Stefan grignote ses restes de pizzas.

Un troupeau de mouton pas loin de la Tête Bernarda

Petite pause au sommet…

Petite descente en direction du refuge Bonatti, on ne suit pas le GR sans trop le vouloir mais ce vallon est très sympa!

Depuis le refuge on évite la route en fond de vallée (encore une indication de notre guide Thomas) en suivant un sentier top en balcon, cette partie depuis Bertone est vraiment une de mes préférée du tour, encore plus quand il fait grand beau et qu’on peut admirer la vue sur le massif, les Grandes Jorasses…

Nous voici rendu à Arnuva au pied du Grand Col Ferret.
On a décidé de manger au refuge Elena à peu près à mi-chemin du col, mais on commence à voir que l’estimation de 46km pour la journée que j’avais faite en traçant un peu droit sur openrunner est un peu optimiste et il faut qu’on soit au gîte pour 19h, l’heure de la soupe!
On décide de faire rapide, le groupe s’est un peu étiré, on commande des plats de pâtes le temps que tout le monde soit là, ils seront avalés en 2-2 et on repart à l’assaut du Grand Col Ferret.

Malheureusement Thomas nous quitte juste après le repas, sa tendinite contractée à la CCC se réveille et cela devient trop douloureux pour lui de continuer (il serre déjà les dents depuis un bon bout de temps), d’autant plus qu’une fois le col franchi les possibilités d’échappatoire sont beaucoup plus compliquées.
C’est donc à contre cœur qu’on le voit redescendre alors qu’on continue notre ascension. Tanguy enclenche à nouveau la seconde et part devant.
Au col ça caille bien, surtout parce qu’il y a pas mal de vent, je ne vois pas les autres qui ont du descendre un peu pour se mettre à l’abris, j’attend Victor de longues minutes en essayant de me mettre à l’abri des rafales.

La descente qui suit est très longue, une bonne vingtaine de kilomètres, mais sur un single en pente plutôt douce super sympa!

On arrive vite à La Peule où on fait une pause pour se ravitailler et se réchauffer au soleil.

La suite de la descente est très roulante sur un gros chemin, la tendinite au genou d’Arthur est de retour et il ne peut plus s’arrêter de courir sous peine de forte douleur, on se rejoint un peu plus loin puis le groupe s’étire pas mal.

Je cours seul un moment puis à la Fouly je retrouve les premiers assis sur un banc et Arthur qui fait une sale tête assis au bord champs derrière en train de parler à Julien.
On attend là un bon bout de temps les derniers qui se sont gourés de chemin, puis ça repart à l’attaque de cette partie Suisse du tour.

Un peu plus loin à Praz de Fort…

Cédric et Julien font les serres-files pour motiver et mettre sur le bon chemin les plus fatigués (pour ce dernier point c’est un peu douteux de compter sur Julien mais il a bien su lire les panneaux cette fois là ).
Après encore 10km de plat descendant on arrive au pied de la dernière côte qui nous amène à Champex et au gîte (situé encore 150+ au-dessus de la ville, ce qui a sapé le moral de plus d’un, mais je me félicite quand même du choix de cette découpe, ça forge le mental! ).

Julien est resté en arrière avec Arthur mais malgré une vue qui porte un peu sur nos pas on ne les voit pas et on commence à s’inquiéter un peu, Cédric rebrousse même chemin mais à peine est-il plus bas qu’on les voit arriver!
En fait ils ont fait une pause médicale donc le contenu est resté malheureusement secret. 😋
Ils nous rejoignent tous les trois puis prennent de l’avance, Arthur est étrangement en pleine forme, Cédric à le malheur de lui prêter ses bâtons et à la première pente plus raide il dépose tout le monde et rattrape tous ceux partis en avant, certains manquant de peu d’être soufflé dans le ravin au passage! 😨
Je laisse Victor un peu en arrière avec Julien, qui lui poussera au cul jusqu’en haut en gardant bien sûr tout son calme, et rattrape le groupe de tête au niveau de Champex, jolie petite ville qui n’a pas changée depuis mon précédent passage 5ans plus tôt.

On arrive finalement au gîte à 18h45 juste au moment où il se met à pleuvoir. 😎
Nous avions prévenu que nous serions surement un peu en retard pour manger mais en fait ça passe, Cédric la machine repart en arrière chercher les plus fatigués mais ils ne sont pas loin du tout et tout le monde sera arrivé pour 19h05.
En faisant le « check in » je négocie de décaler le repas de 30min et on a le temps de prendre une bonne douche avant de se caler les pieds sous la table pour une délicieuse fondue.

Stefan, tenant à sa silhouette de marathonien, préférera une bonne soupe chaude (entre 2 vomis ). 😂
On file se coucher tôt, les corps sont un peu marqués par cette bonne journée de presque 54km et 3400+, d’ailleurs plus personne ne croit les estimations que j’ai pu faire pour la journée à venir… 😇

Dimanche 14 Septembre, ce 4ème et dernier jour de notre périple commence sous une bonne pluie mais selon les prévisions cela ne devrait pas trop durer…

On prend l’eau mais le moral est bon et ça permet de rentabiliser le matos acheté et transporté au moins!
Malgré le rythme plutôt tranquille Victor est dans le dur et prend rapidement du retard, c’est pas bon car la journée est longue encore et certains ne veulent pas repartir trop tard des Houches.

J’ouvre la marche et essaie d’adopter un rythme régulier pas trop soutenu mais je finis par me résoudre à ralentir et laisser passer pour attendre un peu.
Cette première montée de 1000+ est assez raide, technique sur la fin avec un bon pierrier à traverser, je vois Tanguy qui s’échappe devant tout le monde, de plus en plus petit sur les lacets plus haut.
Sous le col je m’arrête complètement le temps que Victor recolle, Julien nous fait admirer une fois de plus l’excellente tenue de ses Hoka en tentant un flip vrillé à 145° entre deux grosses roches, plus de peur que de mal mais il a failli y laisser 2 côtes, il faut être prudent les emmerdements ne sont jamais loin surtout qu’à cet endroit on est assez loin de la civilisation en terme de temps de marche.

Si vous aimez jouer à ‘Où est Charlie’ trouvez moi sur la photo!
Vous pouvez cliquer pour l’agrandir! 😉


il fait un petit vent bien vicieux, je me cache derrière les blocs rocheux et mon ancien colocataire fini par surgir, c’est pas la grande forme mais ça lui fait du bien de décrasser la machine, par contre les autres ont bien 20min d’avance donc il faut recoller pour éviter les petites tensions, je prend le sac à Victor que je porte à l’avant, il se cale plutôt bien comme ça et c’est parti pour les derniers lacets avant la fenêtre d’Arpette!
Attendre quand il fait beau et qu’on a le temps c’est plus facile, c’est une des difficultés de monter un séjour de rando-course en groupe assez large, pas évident d’avoir un niveau homogène et il faut gérer les défaillances voir blessures, au final même si tout le monde n’a pas terminé et qu’il y a eu des pépins physiques légers (mais pas de grosses chutes ou chevilles en vrac) ça s’est plutôt bien passé!

Enfin au sommet on aperçoit les autres pas si loin que ça en contrebas, ils ont fait une pause au sommet ça va nous permettre de les rattraper dans pas longtemps.

La descente qui suit est tout aussi raide et technique, ça glisse pas mal donc on avance pas vite du tout, par contre la pluie cesse progressivement et on a même la vue sur le glacier de Trient.

On recolle au groupe avec Victor, il finit cette portion avec Cédric puis arrivé au chalet où se croise les sentiers dans le fond du vallon, vu son état de fatigue, il ne veut pas nous ralentir et décide de filer sur Trient en espérant trouver un moyen de transport pour les Houches. Il trouvera très rapidement un automobiliste qui le prendra en stop et le déposera devant la voiture là où on l’a laissée devant la gare! 😎

On continue à l’assaut du Col de Balme, en passant par le Chalet des Grands Dessus, dans un brouillard à couper au couteau!
Arthur et Tanguy partent devant, ça avance bien, Cédric enlève quelques couches et se retrouve à devoir faire l’effort pour nous rejoindre tandis que Stefan est à nouveau à court de vivre et commence à manger des pissenlits! 😂

A mi-chemin le gardien du refuge nous ouvre les écoutilles pour faire le plein d’eau et nous annonce 2h pour le col de Balme, « mais comme vous avez des petits sacs vous mettrez peut-être qu’une heure trente ».
Ça nous parait énorme, surtout qu’il n’est pas loin de midi donc on pense à la bouffe, mais finalement on pointera au sommet en moins d’une heure… 😜

Et au sommet, comme l’annonçaient les prévisions de ce côté du massif, superbe vue sur le glacier du Tour et la vallée de Cham sous un soleil radieux! 😍

Descente roulane sur le Tour que l’on atteint vers 13h, on a fait 20km à tout casser, la faute à un terrain bien technique sur cette variante du GR, mais le détour en vaut la peine!
Le frère de Cédric nous y attend pour faire la fin avec nous.
Julien nous dit qu’il doit rentrer plus tôt pour aller chercher sa fille tandis qu’Arthur a enfin décidé d’arrêter de souffrir et va rentrer direct aussi, le soucis c’est que ce sont nos 2 conducteurs pour rentrer sur Annecy ensuite, donc on va devoir bâcher également. 😥
Mais c’est sans compter sur Arthur qui propose de nous laisser les clefs de sa voiture pour qu’on rentre avec.
Encore un grand grand merci, avec Cédric on se voyait mal ne pas faire le final avec enfin un magnifique soleil! 😃

Un petit sandwich rapide et on fait l’état des troupes, Julien, Arthur, Pascal et Cédric l’ami de Cédric qui a aussi une douleur qui traine rentrent en train aux Houches, Tanguy, Stefan et Jérome rentrent à pied par la vallée pour boucler ce tour par leur propres moyens et il ne reste donc que moi, Cédric et son frère Joris pour finir par le chemin prévu initialement, via les balcons et le sommet du Brévent.

Comme c’est un peu trop facile, on se rajoute une barrière horaire, ça serait bien d’être à Annecy à 19h30 donc il faut être aux Houches un peu avant 18h30 et il est 13h30 passées quand on décolle du Tour, moins de 5h pour faire 26km et 1300+ dans un terrain pas super roulane, va pas falloir traîner…

En gros on prend l’ancien parcours du marathon du Mont Blanc jusqu’à Planpraz puis droit dans la pente jusqu’au sommet du Brévent et ensuite une belle descente de 1500- sur les Houches.

Le fameux mur final avant l’arrivée du marathon du Mont Blanc, cet endroit est associé à la souffrance pure et libératrice! 😀

De leur côté Stefan, Jérôme et Tanguy, arrivés à Chamonix, ont trouvé une arche pour immortaliser leur effort, avant de parcourir les dernier kilomètres jusqu’aux Houches :

A Planpraz on décide de prendre au plus court par le chemin classique qui suit les pistes de ski, plus raide mais plus direct que l’autre itinéraire, on avance pas si mal et on bascule de l’autre côté du sommet toujours en admirant les vues splendides sur les massifs à 360°.

Quelques centaines de mètres plus loin il ne reste plus qu’à attaquer la descente finale sur les Houches, on ne perd pas de temps, je me sens bien malgré tous les kilomètres parcourus, ça sent la fin aussi donc on en profite pour envoyer et se faire plaisir!

Arrivée au sprint à 18h20, mission accomplie! On retrouve Tanguy et Stefan pour la photo finish…

Puis on file sur Annecy dans la voiture d’Arthur (enfin l’ex maintenant qu’il roule en voiture neuve en tout bon annécien qui se respecte 😄), qui nous fait quelques blagues à allumer les phares quand Cédric actionne les clignotants! 😂

Voilà pour ce compte rendu finalement assez court mais comme l’a dit Cédric ce qu’il faut retenir c’est qu’on s’est quand même bien régalés et marrés, les hébergements étaient plutôt cool, peut-être qu’il aurait fallu dosé un peu différemment entre les 4jours, je voulais commencer tranquille mais les deux derniers jours étaient quand même bien plus costauds, surtout qu’on décollait vers 8h, je serais aussi parti un peu plus tôt.
Peut-être faire comme Cédric l’a pensé après : Le Tour > Contamines > Courmayeur > La Fouly > Le Tour, environ 45km, 46km, 36km et 40km, c’est moins courant comme itinéraire mais ça équilibre mieux les journées, partir de Chamonix si on veut passer au Brévent c’est pas très logique, sinon Les Houches > Rifugio Elisabetta > Rifugio Bonatti > Champex > Les Houches, bref il faut se demander par où on veut passer et comment on souhaite le faire, l’avantage c’est qu’il y a un bon nombre de possibilité de logements/restauration!

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